Mode de vie

Doomscrolling et anxiété : reprendre le contrôle de votre écran

· Équipe iyiyim · 6 min de lecture

Vous vous reconnaissez ? Il est 23 h, vous aviez décidé de vous coucher tôt, mais vous êtes toujours là, à faire défiler votre téléphone. Les mauvaises nouvelles s'accumulent sur votre fil d'actualité, votre cœur s'accélère, vous vous sentez impuissant et pourtant vous continuez. C'est le doomscrolling – ce mécanisme où l'on se gave d'informations négatives en boucle – et il est directement lié à nos crises d'anxiété. Vous n'êtes pas seul face à ce phénomène : des millions de personnes vivent cette expérience chaque jour, pris au piège d'une économie de l'attention qui a été savamment construite pour nous captiver.

Qu'est-ce que le doomscrolling et pourquoi nous y cédons ?

Le doomscrolling, c'est littéralement faire défiler une prophétie de malheur. Notre cerveau est programmé pour être attiré par les informations négatives – c'est un réflexe ancestral : il fallait rester vigilant face aux dangers pour survivre. Les entreprises technologiques l'ont bien compris et utilisent cette vulnérabilité naturelle.

Les algorithmes des réseaux sociaux et des applications d'actualité ne nous montrent pas un flux neutre et équilibré : ils nous proposent systématiquement le contenu le plus engageant, c'est-à-dire souvent le plus alarmant, le plus choquant ou le plus polarisant. Chaque fois que vous likez, commentez ou partagez une publication angoissante, l'algorithme apprend ce qui vous captive et en envoie davantage. C'est ainsi que fonctionne l'économie de l'attention : votre temps, votre engagement, vos données deviennent des produits à vendre aux annonceurs.

Comment le doomscrolling amplifie votre anxiété

Regarder son téléphone pendant des heures n'est pas simplement une mauvaise habitude – c'est une activité qui modifie réellement votre état mental et physique. Voici ce qui se passe dans votre corps et votre esprit :

C'est un cercle vicieux : plus vous êtes anxieux, plus vous scrollez pour trouver du réconfort ; plus vous scrollez, plus votre anxiété augmente.

Comprendre l'économie de l'attention qui nous retient

Il est important de comprendre que ce n'est pas une question de manque de volonté ou de faiblesse personnelle. Les entreprises technologiques emploient des centaines d'ingénieurs et de psychologues comportementaux pour rendre leurs applications aussi addictives que possible. Les notifications, les compteurs de likes, l'autoplay vidéo – tout est conçu pour vous garder connecté.

Vous luttez contre une machine de 500 milliards de dollars. Il n'est donc pas raisonnable de vous en vouloir. Ce qui l'est, c'est de reprendre consciemment le contrôle.

Les règles essentielles d'hygiène numérique

1. Établissez des zones sans écran

Créez des espaces physiques où les téléphones ne sont pas autorisés : votre chambre, la salle à manger, les toilettes. Ces zones deviennent des refuges.

2. Instaurez une limite horaire quotidienne

Fixez-vous un temps d'écran maximal et respectez-le. Utilisez les contrôles parentaux (oui, sur votre propre téléphone !) pour vous imposer des limites techniques.

3. Bannissez les écrans avant le coucher

Au minimum deux heures avant de dormir, posez le téléphone. Votre sommeil en dépend, et un meilleur sommeil signifie moins d'anxiété.

4. Curez vos suivis et notifications

Désabonnez-vous des comptes qui vous mettent mal à l'aise. Désactivez toutes les notifications non essentielles. Vous n'êtes pas obligé de savoir immédiatement ce qui se passe au bout du monde.

5. Remplacez, ne supprimez pas

Ne cherchez pas à arrêter le doomscrolling en vous interdisant l'accès à votre téléphone : c'est contre-productif. À la place, remplacez-le par une activité agréable. Un livre, une promenade, une conversation, du bricolage – quelque chose qui vous apaise réellement.

6. Pratiquez la curiosité intentionnelle

Si vous consultez les actualités, faites-le consciemment, à des horaires précis, plutôt que de laisser l'algorithme vous nourrir passivement. Cherchez des sources équilibrées et diversifiées.

Ce que vous pouvez attendre des changements

Les premières semaines seront peut-être inconfortables. Vous ressentirez peut-être de la FOMO (la peur de rater quelque chose) ou une légère anxiété de manque. C'est normal : votre cerveau est habitué à la stimulation constante. Soyez patient avec vous-même.

Après quelques semaines, vous remarquerez probablement une diminution du bruit anxieux dans votre tête. Vous dormirez mieux. Vous aurez plus d'énergie. Vous vous sentirez moins seul – ironiquement, en passant moins de temps en ligne.

Vers une relation plus saine avec la technologie

Reprendre le contrôle de votre consommation numérique est un acte de bienveillance envers vous-même. Ce n'est pas de la déconnexion, c'est de la reconnexion : avec votre corps, avec vos proches, avec le moment présent.

Si votre anxiété persiste malgré ces changements, ou si vous trouvez très difficile de modifier vos habitudes, parlez à un professionnel de santé mentale. Il n'y a aucune honte à cela. Parfois, nous avons besoin d'aide pour sortir d'un cycle, et c'est un signe de courage, pas de faiblesse.

Vous méritez de la paix. Pas la paix parfaite – juste un peu moins de bruit, un peu plus de respiration. Et cela commence par un simple choix : poser le téléphone.

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